reportages milieu libertinQui sont les complices des couples candaulistes ? Existe-t-il un profil-type de ces hommes qui partagent régulièrement les délires et les fantasmes des couples candos et triolistes ? Une soirée trio a été l’occasion pour moi de mener l’enquête.

par Daniel le Libertinillustrations : Jo et son mari

A vrai dire, j’y suis allé un peu à reculons. Invité par un couple très sympa et très mignon avec qui je partage régulièrement des moments de sexe et d’amusement, je me suis rendu à une soirée trio organisée par un club libertin parisien. Le principe : les trios constitués d’un couple et d’un homme (plus rarement d’une femme) entrent gratuitement, les couples également, les hommes (à raison d’un homme célibataire par couple seul) paient pour tout le monde.

Fausse bonne idée, donc, car la plupart des trios étant déjà constitués, les pauvres gars venus seuls se sont ennuyés à mourir durant toute la soirée. Pour moi, tout de même, l’occasion de discuter avec plusieurs candos, mais aussi avec leurs complices réguliers.

Devenir le complice d’un couple cando

Complices : c’est l’expression consacrée… Ce sont ces hommes qui, régulièrement, participent aux ébats d’un couple trioliste ou candauliste. Mais comment le devenir ? J’avais déjà fait ici un article sur la façon de draguer un couple candauliste. Les réponses des couples candos ce soir là, et celles de leurs complices, m’ont conforté dans mes convictions.

devenir le complice d'un couple cando

>>> pour devenir le complice régulier d’un couple candauliste, il faut comprendre ses attentes

Commençons par Jasmine, André et Patrice, un trio constitué d’un couple de la bonne quarantaine et d’un jeune célibataire d’à peu près 30 ans. Ces trois-là se sont croisés sur internet. Le jeune homme a été invité par le couple à venir boire un verre et, une chose en entraînant une autre, vous savez ce que c’est…

Bref, le trio s’est donc retrouvé au lit, André reluquant sa femme se faire caresser par Patrice : « j’ai tout de suite vu qu’il était doux, ce qu’apprécie ma femme. Pas le genre de bourrin qui pense qu’une libertine aime forcément se faire défoncer brutalement. Après le sexe, il ne s’est pas enfui en courant, il a pris le temps de discuter encore un peu avec nous, en prenant garde tout de même de ne pas s’incruster ».

Même son de cloche chez madame : « nous avions eu une expérience assez déplaisante avec un jeune gaillard de 20 ans et quelques. Il se croyait dans un film porno. Je ne sais pas s’il faisait toujours comme ça, ou s’il croyait que s’était la norme dans le monde libertin, amis c’était nul. Avec Patrice, j’ai été agréablement surprise ».

Joëlle et Damien, eux, sont triolistes. Ils papillonnent entre les hommes, mais leur préféré, c’est sans contestation possible Désiré, un jeune homme d’origine africaine, qui a sensiblement le même âge que le couple (un peu moins de trente ans, à vue de nez).

Pour Joëlle, le choix a été vite fait : « je sais bien que cest un fantasme un peu bateau, mais j’aime les mecs blacks. Certaines aiment les blonds, les roux, les grands ou les musclés, moi, j’ai un faible pour les africains ». Et, du côté de Damien, Désiré répondait à un critère important : « j’avais peur de complexer face à lui, mais il n’était pas beaucoup mieux membré que moi, sinon, je crois que ça n’aurait pas collé ».

Complices réguliers et complices occasionnels

Patrice et Désiré sont les complices réguliers des fantasmes candos et triolistes des deux couples : « quand ils m’appellent, avec une envie de sortie coquine, je rapplique autant que faire se peut » avoue Patrice, « je suis un peu leur objet, mais ça me plait ». La dernière fois, Jasmine et André ont voulu faire une exhib dans un sexshop de la rue Saint-Denis et Patrice les a accompagnés : « pour le délire cul, bien sûr, mais aussi pour assurer, niveau sécurité ».

complice couples triolistes

>>> complices : expression consacrée aussi bien dans le candaulisme que dans le triolisme

Du coup, le couple et l’homme seul se retrouvent très souvent. A vrai dire, Jasmine n’a plus trop envie de voir d’autres célibataires : »quand on a trouvé la perle rare, on la garde ! » sourit-elle. Ce qui est loin d’être le cas de Joëlle : « Désiré est de loin notre complice préféré, mais le libertinage, pour moi, c’est de pouvoir changer régulièrement de partenaire. Nous sommes aussi échangistes, nous rencontrons donc des couples, mais aussi d’autres hommes seuls. Assez souvent, en fait ».

En fin de soirée (de nuit, à dire vrai), je rencontre Sandra et Luc, un couple de la vingtaine. intrigués par mon enquête, ils répondent à mes questions. Ils se disent mélangistes et triolistes, c’est-à-dire que leurs complices n’ont pas l’autorisation de pénétrer la demoiselle.

Bizarre. J’ai pourtant bien cru voir Sandra, plus tôt dans la soirée, être prise en levrette par un homme de la quarantaine… « Oui, lui, c’est Michel, c’et notre complice régulier. C’est le seul, avec Luc, qui a le droit de me pénétrer. C’est parce que ça fait des années que nous nous fréquentons. les autres hommes – et les couples – doivent se contenter de caresses, même très poussées, ou passer leur chemin ».

Il y a manifestement certains privilèges aucquels n’ont accès que les complices réguliers des couples triolistes et candaulistes… Comme quoi, on en apprend vraiment tous les jours sur le libertinage…