Qui sont vraiment les couples triolistes ? Que cherchent-ils ? Quels sont leurs fantasmes ? Pour le savoir, nous sommes allés à leur rencontre lors d’une soirée mixte dans un club libertin. Merci à eux de leurs témoignages et de leur patiencepour nous expliquer leur triolisme.

reportage par Esther et Franckillustrations : Indécentes Libertines

Jeudi soir. Nous débarquons, relativement tôt, dans un des clubs libertins les plus connus de Paris. Ce soir, c’est soirée mixte : un homme seul pour un couple. Un homme célibataire ne peut entrer qu’après l’arrivée d’un couple. Sans doute le moment idéal pour aller à la rencontre des couples triolistes. Pour l’instant, ils ne sont que quatre hommes seuls, à se regarder en chiens de faïence au bar, tandis qu’autant de couples font la visite des lieux.

Il doit y avoir quelques couples échangistes ou mélangistes parmi eux, attirés par le tarif d’entrée plutôt bas de la soirée mixte (ce sont les célibataires qui paient cher pour ce genre d’événement). Les choses se mettent en place tout doucement à mesure que les couples arrivent, toujours suivis de près par un célibataire.

Couples triolistes occasionnels ou réguliers

Il est temps de rejoindre les coins-câlins. Déjà, certains échangistes et mélangistes se sont isolés à quatre – ou six – dans les pièces fermées. On aperçoit tout de même deux trentenaires, qui semblent ne pas trouver leur bonheur. Un homme, la cinquantaine, les aborde, apparemment gentiment. Le trio part s’isoler dans une alcôve. Par la vitre, on peut voir, au bout de quelques minutes, madame en train de sucer monsieur, tandis que le troisième larron la prend en levrette.

couples triolistes occasionnels

>>> nombreux sont les couples libertins qui ne pratiquent le triolisme qu’occasionnellement

Cette fois, on tient nos triolistes. Attendons qu’ils sortent pour les interviewer. Audrey et Eric ont 35 ans, et ne pratiquent le triolisme que de façon occasionnelle : « ça dépend des jours », explique Audrey, « aujourd’hui, aucun couple ne nous plaisait et Serge (le troisième larron, NDLR) nous a bien plu, il n’avait pas l’air d’un de ces morts-de-faim qui nous accostent parfois en club ».

Ce qu’ils trouvent dans les relations triolistes ? « Tout dépend de nos envies du jour » reprend Eric, « moi, ça me fait plaisir de voir ma femme en prendre (du plaisir, NDLR), mais je ne pourrais pas n’être que trioliste. Heureusement, nous pratiquons aussi l’échangisme, et je dois dire que c’est plus satisfaisant pour moi ».

Triolisme et plaisirs partagés

Les couples uniquement triolistes n’existent peut-être pas, après tout. Juste l’occasion qui se présente, l’envie d’autre chose, un soir. A moins que… C’est maintenant Annie et André, la quarantaine avancée, qui se présentent à nous. Ils ont entendu dire que nous enquêtions sur les couples triolistes. Et eux ne sont que triolistes.

« Moi, ça ne m’intéresse pas d’aller avec d’autres femmes, ou avec des couples » raconte André, qui n’a d’yeux que pour sa compagne, « nous n’avons jamais pratiqué l’échangisme, et c’est très bien comme ça. Le triolisme, c’est une façon de casser notre train-train quotidien, l’occasion de faire plaisir à Annie. Personnellement, mon truc, c’est de voir quel effet elle produit chez les autres hommes ».

Pas frustrant ? « Non, du tout. Je vous l’ai dit, je ne suis pas intéressé par les autres femmes et je préfère que ma femme couche avec d’autres en ma présence que dans mon dos ». Pour Annie, les choses sont encore plus claires : « si André avait envie qu’on se lance dans l’échangisme ou le mélangisme, j’accepterais avec plaisir. Mais je crois vraiment sincèrement qu’il prend son pied dans les rapports triolistes ».

Triolisme et gang-bang

Durant toute la soirée, plusieurs couples triolistes vont accepter de nous répondre, souvent entre deux escapades dans les coins-câlins. Certains d’entre eux pratiquent le gang-bang, d’autres jamais : « c’est une chose pour une femme d’avoir une relation sexe avec deux hommes en même temps, c’en est une autre de voir débarquer 10 ou 12 hommes » explique Michèle, 49 ans, adepte de pluralité masculine en tout genre. « Nous avons de nombreux amis triolistes qui n’ont jamais eu de plans avec plus de deux hommes. Mais le triolisme, c’est déjà très intense, aussi bien pour madame que pour monsieur. »

pratique du triolisme et gangbang

>>> certains couples triolistes s’adonnent aussi au gangbang, d’autres non

Ce que les sorties triolistes leur apportent ? « Mon plaisir à moi, c’est d’être traitée comme une salope. Ce n’est pas que je ne me respecte pas, mais, pour assumer ses fantasmes, c’est une bonne idée de les faire porter par son homme », avoue Michèle. « De mon côté, j’éprouve d’abord beaucoup de plaisir à faire les quatre volontés de ma femme. Et puis, lors d’une sortie trioliste, j’apprécie beaucoup de pouvoir aller au bout de certains fantasmes ».

Triolistes et amants réguliers

La soirée passe, le petit jour doit déjà être là, à l’extérieur du club. Nous tombons sur un étrange trio : Jeanne, Andry et Franck viennent de sortir du coin-câlin où ils s’étaient enfermés. Jeanne et Andry forment un couple, apparemment très amoureux. Mais, quand ce couple trioliste sort en club, c’est toujours avec Franck, leur amant régulier : « parfois, on rencontre d’autres couples qui acceptent la présence de Franck. D’autres fois, on se contente de partouzer tous les trois, en laissant les voyeurs nous regarder ».

Voilà cinq ans que ce jeune couple de vingt ans et des brouettes pratique le libertinage, trois ans qu’ils connaissent et fréquentent Franck, leur amant régulier. « Nous avons tout de suite commencé par le triolisme, l’échangisme n’est venu qu’après. Alors, quand nous sommes tombés sur un mec avec qui nous nous entendions aussi bien au lit que verticalement, on ne l’a plus lâché ! » rigole Andry.

Un peu de bisexualité dans l’air, peut-être ? « Non, j’apprécie beaucoup Franck, pour son humour, pour le plaisir qu’il donne à ma chérie et une certaine complicité sexuelle qu’on a établi, au fil des années. Mais franchement, il ne m’attire pas du tout sexuellement ».