reportages milieu libertinLes clubs et saunas libertins ne jurent plus que par les soirées thématiques. Parmi ces thèmes, celui du gangbang et de la pluralité masculine est parmi les plus fréquents. Au risque d’aboutir à de grandes dérives anti-libertines…

coup de gueule par Selena Krystelillustrations : Tina

Mon homme et moi étions en vacances, en cette fin d’année, à Strasbourg. L’occasion pour (re)visiter un peu les clubs libertins de la région. Parmi eux, l’Inox, un club-sauna où nous nous étions déjà rendus quelques années auparavant. Le lundi, soirée trans et trav’ : pas notre truc. Le mardi : soirée gangbang. Pourquoi pas ?

Nous sommes déjà allés à des soirées de ce genre. Non pas que je sois une consommatrice effrénée de messieurs, mais l’idée de coquiner avec quelques gars est plutôt tentante. Et si un autre couple veut partager le délire, c’est tant mieux.

Thème gangbang en club

Une soirée gangbang en sauna ou en club, qu’est-ce donc ? Du côté de l’Inox, on offre l’entrée aux couples et aux femmes. Ces messieurs, quant à eux, payent le prix fort. Et bien entendu, les femmes présentes sont supposées apprécier la pluralité virile…

soirée thématique gangbang

>>> dans une soirée gangbang libertine, c’est à madame de décider quoi et avec qui…

Las ! Les choses ne se sont pas passées – mais alors pas du tout ! – comme prévu. Il est 19h, on sonne à l’entrée : quand on se rend pour la première ou deuxième fois dans un club, on aime prendre le temps de visiter tranquillement. Un monsieur, moyennement aimable, nous ouvre la porte. Il nous demande si c’est la première fois que nous venons, on lui explique que non, mais que ça fait quelques années.

Et c’est à ce moment que les choses se compliquent :
lui – vous connaissez le thème de la soirée ?
moi (assurée) – oui
lui – et gangbang, ça vous parle ?
moi – oui, plus ou moins…
lui – mais, ça ne vous fait pas peur ?
moi (de moins en moins assurée) – euh…
mon homme – on verra comment ça se passe…
lui – non, on ne verra pas !

On reste là, éberlués. Je regarde mon chéri. je vois qu’il a décroché. Il me dira plus tard que son cerveau a du faire « schplop ! » en entendant cette réponse. Je repars à la charge :

moi – mais, euh…
lui (il me coupe) – je garantis à mes clients… (il ne termine pas sa phrase)
moi – … ça dépend de l’envie du moment, des hommes, tout ça…
lui – ah non, c’est 10 à 15 minimum, sinon je ne les tiens pas
mon homme – …
moi – …
lui – sinon, revenez un autre soir
moi – certainement pas !

On tourne les talons. Pour la première fois de notre vie libertine, on repart sans même avoir mis les pieds dans l’établissement. On veut bien comprendre qu’un sauna se méfie des pique-assiettes qui profitent de la gratuité d’une soirée gangbang, mais de là à avoir de telles exigences… On reprend la voiture, on rigole… jaune !

Etes-vous libertins ?

Alors, est-ce toujours du libertinage ? Personnellement, je n’ai rien (mais alors rien du tout !) contre les femmes qui aiment baiser avec 10 ou 15 gaillards pendant une soirée. Mais tout de même, aller exiger ça d’une libertine, voilà qui est un peu troublant, quoi qu’il en soit. Sans compter qu’il faut savoir ce qu’elle veut « offrir » aux 10 ou 15 hommes. Au ton du monsieur de l’accueil, c’était grand jeu ou rien.

Non, ceci n’a rien à voir avec l’esprit libertin le plus élémentaire.

D’abord, parce que, oui, monsieur, « on verra ». On n’entre pas dans un établissement libertin en étant certain de ce qu’on va y faire. Tout est affaire d’envie, d’occasions et de rencontres… Et si les clients masculins veulent du « garanti », qu’ils aillent voir les professionnelles ! Non, en tant que libertine, je ne garantis rien à personne et ce n’est pas la direction du sauna qui peut garantir quoi que ce soit à ma place ! Dans le règlement intérieur de l’Inox, on lit : « Respecter les couples et dames seules dans leurs souhaits et leurs envies ». Difficile, quand on garantit quelque chose aux clients.

gangbang club libertin

>>> rien n’est jamais « garanti » en club libertin, le pouvoir de dire non existe toujours

Le libertinage, c’est aussi le pouvoir de dire non. Quel est-il, quand on exige de faire participer (c’est à dire de baiser) dix ou quinze gugusses. Trouverai-je 10 ou 15 mecs qui me conviennent, si tant est que j’ai envie d’un tel chiffre ? Et après, pourquoi n’aurais-je pas le droit de me limiter à des caresses, plus ou moins appuyées ? C’est quoi la suite ? Sans capote, sodo obligatoire ?

Ensuite, parce que l’intérêt d’un club ou d’un sauna, en particulier en matière de gangbang, c’est quand même bien de s’y sentir en sécurité. Mais là, on ne sait pas. « Je n’arriverai pas à les tenir » : alors, il faut changer de boulot (ou cesser de garantir du sexe à n’importe qui).

Tous les mêmes ?

Atterrés. C’est le seul mot qui nous vient à la bouche. On a souvent fréquenté ce genre de soirée sans que qui que ce soit ne nous oblige à quoi que ce soit. Encore heureux ! Et si l’Inox ne veut offrir l’entrée qu’aux « femmes 100% actives » (dixit !), ça ne pose vraiment aucun problème. Qu’ils fassent payer les pique-assiettes à la sortie !

Je vois déjà la tête des débutantes tentées par ce genre de soirée. Rassurez-vous ! Nombreux sont les clubs ou sauna qui n’ont pas oublié l’esprit libertin dans leur tiroir-caisse. Et où l’on peut encore choisir ses partenaires de jeu, et leur nombre… Nous, on est allés manger dix ou quinze sushis à la place…