reportages milieu libertinEtant moi-même échangiste et mélangiste, j’ai eu l’idée de confronter les points de vue de Sandra et Mickaël, mélangistes, et Chantal et Jean, échangistes, dans une interview croisée. De quoi lever sans doute quelques malentendus entre les couples libertins.

par Selena Krystelillustrations : Libertins Tchèques

Confronter les points de vue des mélangistes et des échangistes sur le libertinage, voilà une idée qui me trottait dans la tête depuis un bon moment. J’ai donc demandé à deux couples que je connais depuis un moment de bien vouloir répondre ensemble à mes questions. A ma gauche, Sandra et Mickaël, couple mélangiste de la trentaine, à ma droite, Chantal et Jean, couple échangiste de la quarantaine.

Selena – Le libertinage, pour vous, c’est quoi ?

Chantal – Pour nous, le libertinage, c’est une façon de vivre. Ça ne se limite pas aux sorties en club ou en privé le samedi soir. C’est aussi un état d’esprit. Quand on se promène et que Jean mate une nana, je ne me prends pas la tête. C’est normal. Et, de mon côté, je n’ai pas les yeux dans ma poche non plus.

Mickaël – Je suis d’accord avec ça. Mais pour nous, le libertinage, c’est d’abord prendre du plaisir. Je pense qu’on s’ennuierait, sexuellement, à rester toujours ensemble, à faire toujours les mêmes choses. Avec le libertinage et le mélangisme, on change toujours de partenaires, on s’amuse quoi.

mélangistes contre échangistes

>>> et si on levait les malentendus entre échangistes et mélangistes ?

Sandra – Oui, c’est avant tout un jeu, pour éviter de tomber dans la routine. D’ailleurs, nous faisons davantage l’amour dans les deux quand nous sommes dans une période libertine active que quand nous ne faisons rien.

Chantal – Bien sûr, le sexe doit être un jeu. Mais je pense quand même que le libertinage, c’est aussi une philosophie de vie.

Jean – Si nous n’allions plus en club, que nous ne fréquentions plus du tout le milieu libertin, nous resterions quand même libertins. C’est d’abord dans la tête.

Selena – Et pour vous, Chantal et Jean, les mélangistes ne sont pas de vrais libertins ?

Jean – Non, ce n’est pas le problème. Après, personnellement, je pense que le libertinage est une forme d’engagement, envers sa moitié, notamment. Si c’est pour y aller à reculons…

Sandra – (manifestement piquée au vif) Mais on n’y va pas à reculons !

Chantal – Ce qu’on veut dire, c’est qu’on a parfois que certains mélangistes font ça comme ça. Comme ils essaieraient le surf ou la pétanque. Pour nous, c’est un peu plus sérieux que ça.

Sandra – (dans un sourire) C’est exactement le problème avec les échangistes, c’est toujours tellement sérieux…

Selena – Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

Sandra – Je veux dire que ce que j’aime dans le mélangisme, c’est que ce n’est surtout pas sérieux. C’est du sexe ludique, sans y penser. Nous, on n’est pas jaloux. On ne pratique pas la péné hors couple parce que ça devient tout de suite plus compliqué.

Mickaël – Sans compter que souvent, les couples échangistes – pas tous mais certains – sont un peu des bourrins. Certains ont du voir trop de porno.

Chantal – Je ne peux pas dire le contraire…

Sandra – On peut être libertine sans pratiquer la gorge profonde et la sodomie !

Selena – OK, alors les échangistes sont trop sérieux et trop bourrins… Et les mélangistes, vous leur reprochez quoi ?

Chantal – On ne leur reproche rien du tout. On n’est pas du tout dans le même délire, c’est surtout ça.

Jean – Sur le plan philosophique, on leur reproche de ne pas aller au bout de la démarche. Sur le point sexuel, on n’aime pas, c’est tout.

Chantal – C’est surtout que sans pénétration, ça peut vite devenir frustrant.

Sandra – C’est tellement bon un peu de frustation… (rires de tous)

Selena – Vous accepteriez d’aller, pour un soir, les uns avec un couple échangiste, les autres avec un couple mélangiste ?

Chantal – Non.

Mickaël – S’ils acceptent de ne pas avoir de péné, pourquoi pas ?

Jean – Alors nous, c’est pareil, s’ils acceptent la pénétration, c’est ok ! (rires)