reportages milieu libertinEn avoir le cœur net. C’est avec cette idée en tête que nous nous sommes rendus, bras dessus bras dessous, à une soirée SM organisée par un club libertin proche de chez nous. Et pour nous qui ne sommes pas sadomasochistes a priori, l’expérience valait bien d’être tentée.

reportage par Esther et Franckillustrations : Indécentes Libertines

C’est un petit club de province, dans une région pas spécialement connue pour sa pratique intense du libertinage, pas plus d’ailleurs que du sadomasochisme. Pourtant, une fois par mois, les patrons de ce club échangiste comme les autres organisent une soirée dédié aux fétichistes et aux autres adeptes sadomasochistes.

soirée SM en club échangiste

>>> si pour les uns, le BDSM est une chose en soi, une chose sérieuse…

A l’entrée, l’accueil est le même qu’à l’habitude : souriant et convivial. Mais, une fois passée la porte de la pièce principal de l’établissement, l’ambiance est franchement différente de ce dont nous avons l’habitude. Il y a beaucoup de nouvelles têtes, et quelques-unes plus connues, pour nous qui fréquentons régulièrement ce club.

Jouer au SM

Pour parler franchement, il semble y avoir là un peu de tout. Des adeptes BDSM pas du tout libertins par ailleurs, des couples libertins plus ou moins attirés par les tenues et pratiques fétichistes, et d’autres couples libertins, comme nous, venus pour voir. Disons-le, nous ne sommes pas très à l’aise avec cette idée de venir « pour voir », mais il nous faut maintenant jouer le jeu et nous montrer aussi tolérants et ouverts qu’il sied à ce genre d’endroits.

Nous croisons un couple connu, que nous avons l’habitude de fréquenter dans les saunas échangistes de la région. Il porte un t-shirt aux couleurs de SuperMan avec un grand SM frappé en son centre. Elle est en simili cuir. La conversation s’engage. Ce n’est pas la première fois qu’ils viennent ici. A vrai dire, ils fréquentent cette soirée fétiche et BDSM quasiment tous les mois : « pour nous, le sado-maso, c’est d’abord un jeu. Elle est la soumise. Je suis le dominateur, mais on s’arrête au moment où elle le dit ».

La soirée n’a pas encore démarré, mais l’ambiance, à bien y regarder, est vraiment étrange. Sans doute aussi du fait que se mêlent des adeptes chevronnés et des « vanilles »* dans notre style. Il y a là plus d’hommes seuls qu’à l’accoutumée et pas mal d’hommes et de femmes en couple qui trimballent de lourds sacs avec eux.

Libertinage SM contre libertinage vanille

Comme par miracle, un peu comme dans n’importe quelle soirée libertine en club, le « spectacle » commence. Ici, un homme sort de son sac un martinet. Il installe sa femme à la croix de Saint-André et propose à une dominatrice de l’aider à en « caresser » le dos nu de son épouse.

reportage en soirée BDSM

>>> … pour les autres, le SM est un jeu érotique parmi tant d’autres

Une autre dominatrice fouille elle aussi dans son sac pour en tirer toutes sortes d’objets spécifiques au SM : badines, liens, colliers de chien… Une meute d’hommes célibataires se forme autour d’elle, chacun espérant être choisi comme esclave par la dame. Elle en choisit finalement trois et invite la serveuse habituelle du club, une domina reconnue (nous l’apprendrons par la suite) à se joindre à elle.

Plus question de jouer. Les coups s’abattent. Les hommes sont déshabillés entièrement et réduits en esclavage par les deux maîtresses. Si, dans certains coins du club échangiste, le SM reste soft, ici, on prend les choses au sérieux. Nous sommes tous les deux impressionnés par la vigoureuse érection de l’un des soumis que, pourtant, personne ne stimule directement. Pour lui, tout ne sera que douleur et humiliation, pour son plus grand plaisir, manifestement.

C’est là la principale différence entre les uns et les autres, les libertins aux tendances sadomasochistes et les SM aux tendances libertines : la pratique du sexe. Si, pour les uns, le SM est un plus dans leurs jeux sexuels, les autres ne pratiquent pas le sexe, au sens où on l’entend habituellement. Sans compter, bien entendu, les simples voyeurs dont nous faisons partie, eux aussi très nombreux.

Au final, c’est une foule assez hétéroclite qui se presse dans cette soirée sado-maso (oui, le club est bondé), entre BDSM hardcore, pur et dur, et curieux libertins en goguette, en passant par des adeptes d’une sexualité plus ou moins fétichiste et SM.

* les adeptes SM opposent le sadomasochisme au sexe « vanille »